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Reportage

Le business des parkings payants dans les quartiers de Dakar

Le business des parkings payants dans les quartiers de Dakar
Source: CESTI INFO
Comment se garer à Dakar ? C’est la question que se posent sans doute les travailleurs possédant un véhicule. Malgré la promiscuité dans la capitale sénégalaise due à un cadre de vie exigu, certaines personnes ont eu l’idée, avec l’autorisation des municipalités, d’exploiter des espaces au service des automobilistes : des stationnements sécurisés contre paiement. Ce phénomène s’est répandu un peu partout dans les rues de la capitale.

L’horloge affiche 12 h 40 mn sur les « Deux voies » longeant le marché de Sahm(quartier situé dans le quartier populaire de la Médina). Le ronronnement des voitures retentit, s’imbriquant ainsi dans l’ambiance du marché quotidien rythmé de musique, de sons des micros des marchands. Le long de cette allée qui débouche sur la Place de la Nation, des parkings sont improvisés çà et là. Ces points de  stationnement sont devenus une activité pour businessmen qui se frottent les mains au service des automobilistes.

Khalil, à la corpulence imposante pince une cigarette à la main. Gérant un parking de stationnement situé à quelques jets de pierre du rond-point de Sahm, le jeune homme, la trentaine, képi bien vissé sur la tête, oriente les automobilistes vers des places soigneusement délimitées par des traits peints avec minutie. Le décor est très beau. Quelques places déjà réservées sont clairement identifiables grâce aux immatriculations apposées. « Ça c’est pour les fidèles clients », renseigne le jeune homme, sourire aux lèvres. Ses collègues s’activent aussi à accueillir les clients aux abords.

 « Monsieur, vous voulez vous garer, il y a de la place », c’est la phrase la plus prononcée sur les lieux.  « Tous les jours, nous recevons des automobilistes qui veulent se garer, le temps de s’occuper de leurs affaires », laisse entendre Khalil. Le service de stationnement est rémunéré selon le type de véhicule et du temps qu’il y passe.

« Ça varie entre 1000 et 2000 francs CFA », fait-il savoir. Sorti de son véhicule après avoir garé à la place indiquée, M. Gueye dans une mine joyeuse, vêtu de costume africain, sac à la main, se réjouit de ce service quotidien des agents du parking. « C’est relativement moins cher et cela me rassure personnellement quant à la sécurité de mon véhicule, pas de stress quoi », dit-il tout souriant.

               Une création d’emplois au grand dam des piétons

La concession de ces espaces de stationnement permet certes de créer des emplois à temps plein. Mais cette pratique est tout de même anarchique. Les piétons voient les trottoirs grignotés progressivement par la prolifération des points, qui poussent à tout va. Ce qui engendre parfois des complications dans la circulation routière. « C’est un problème public d’autant plus que les piétons peuvent être victimes d’accidents », se plaint un passant.

« Il est grand temps que les autorités réfléchissent sur une politique d’aménagement pour parer à ce désordre », lance-t-il. Au-delà du stationnement, les agents offrent aussi des services de lavage des voitures. Bathie, un agent au sein de ce parking y trouve bien son compte. « C’est mon travail quotidien maintenant, après une longue période d’inactivité », confie-t-il. « Parfois je gagne jusqu’à 10.000 francs par jour », se réjouit-il. Il est du ressort des autorités de veiller à la bonne organisation de ces espaces de stationnement.

Nafi, gérante d’un multiservice à quelques mètres du point de stationnement fustige, pour sa part, l’érection des trottoirs en parkings. Selon la dame, ces parkings risquent de devenir plus encombrants que les vendeurs à la sauvette qui font souvent l’objet de rafles sur les voies publiques.

Trouver un espace pour se garer à Dakar est devenu, au fil du temps, un vrai casse-tête chinois. Les automobilistes tournent parfois en rond en attendant qu’une place se libère bien que les factures sur ces aires de stationnement soient plus ou moins salées. Quoi qu’il en soit la multiplication de ces points de stationnement peut semer un désordre public en raison des trottoirs qui disparaissent progressivement au profit des emplois informels qu’ils créent.

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Saliou Camara

Saliou Camara

Presse Ecrite

Je suis étudiant en troisième année de journalisme, je m'intéresse aux expressions culturelles, aux médias et à la géopolitique.

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