Au Sénégal, nombreux sont les bacheliers qui découvrent trop tard les débouchés ou les exigences réelles de leur filière choisie sur Campusen. Ce constat, le ministre de l’Enseignement supérieur Abdourahmane Diouf l’a rappelé lors de l’ouverture officielle : « les élèves n’avaient pas la possibilité d’être guidés de manière pédagogique » et finissaient souvent inscrits dans des filières peu adaptées à leurs compétences ou aspirations.
« Il faut faire des choix éclairés, lucides et rationnels », a plaidé le ministre, appelant les élèves à s’informer sur les opportunités réelles dans les différents secteurs professionnels.
Les ministres Abdourahmane Diouf et Amadou Moustapha Ndieck Sarré coupant le ruban d'ouverture
Ce Salon vient répondre à cette problématique en offrant une plateforme d’information directe entre les futurs étudiants et les acteurs de l’enseignement supérieur. Universités publiques, instituts privés, écoles d’ingénieurs, Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP), lycées techniques : tous étaient là pour présenter plus de 350 filières disponibles sur l’ensemble du territoire national. Plus de 85 institutions ont répondu à l’appel, exposant leurs offres de formation devant un public nombreux.
Le ministre de la Formation professionnelle, Amadou Moustapha Ndieck Sarré, également présent, a salué l’initiative, qu'il a décrite comme « une plateforme unique pour dialoguer, échanger et découvrir ». Selon lui, UniverSalon permettra de mieux comprendre les débouchés réels, d’éviter les erreurs d’orientation et de redonner confiance aux jeunes confrontés aux incertitudes de l’avenir professionnel.
M. Sarré a aussi plaidé pour une meilleure valorisation des filières techniques et professionnelles, trop souvent négligées, alors qu’elles constituent des piliers du développement économique.
Les universités dévoilent leurs ambitions
L’Université Assane Seck de Ziguinchor a marqué sa présence en exposant des filières innovantes, bien au-delà des formations classiques en Lettres ou Sciences économiques. Criminologie, agriforestier : deux nouveaux domaines de formation qui attirent l’attention des visiteurs, notamment des élèves du sud du pays qui voient en ces filières une opportunité de s’insérer localement sur le marché de l’emploi.
Même stratégie du côté de l’ISEP de Bignona. L’institut mise sur sept filières professionnalisantes dont l’agrobusiness. « Nous formons des jeunes qui peuvent directement intégrer le tissu économique régional, même ceux qui n’ont pas suivi de cursus universitaire classique », explique un responsable rencontré sur place. Une vision tournée vers l’insertion rapide et l’adaptation aux besoins concrets du marché.
Les instituts privés à l’assaut des futurs bacheliers
Les établissements privés n’ont pas manqué l’occasion de séduire de potentiels inscrits. Communication, génie civil, informatique, paramédical : les offres sont diverses et s’adaptent à l’évolution des métiers. Les responsables interrogés insistent sur la qualité de l’encadrement, l’ouverture à l’international et l’adéquation de leurs programmes avec les attentes des entreprises.
« Nous insistons sur les stages obligatoires, les certifications professionnelles reconnues et l’accompagnement des étudiants dès la première année », confie un représentant d’une école privée de Dakar.
Parmi les établissements publics présents, le Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti) n’est pas passé inaperçu. Véritable référence dans la formation en journalisme et communication, le Cesti est venu présenter son offre pédagogique.
Au programme : une présentation des cycles de formation (licence professionnelle, master), des conditions d’accès au concours d’entrée très sélectif, mais aussi des débouchés possibles dans les domaines du journalisme radio, télévision, presse écrite, communication et production audiovisuelle. Les conseillers présents sur le stand ont insisté sur l’importance de la rigueur, de la polyvalence et de l’éthique dans ce métier en constante évolution.
Visite des stands du Cesti par les futurs bacheliers
Plus qu’un simple exposant, le Cesti a joué un rôle de premier plan. Partenaire officiel de l'événement, le Cesti a assuré la couverture technique et médiatique du salon : captation, diffusion en direct et production de contenus destinés aux plateformes numériques et audiovisuelles du Ministère de l’Enseignement supérieur. Le Cesti a recu un prix du Ministère.
Le directeur du Cesti Dr Mamadou Ndiaye recevant le prix décerné à l'école
Des élèves venus de tout le pays, des parents aussi soulagés qu’intéressés
Impossible de manquer les files d’élèves, dossiers à la main, discutant vivement avec les conseillers d’orientation. Beaucoup viennent de Dakar, mais certains ont traversé le pays pour être là. Ceux de Matam notamment saluent l’effort du gouvernement pour rendre l’information accessible : « Chez nous, les salons ou journées d’orientation n'existent pas. Ici, on voit tout ce qui existe au Sénégal en un seul endroit. Il faut délocaliser ce salon dans les autres régions, notamment à Matam », se réjouit Asmao Diallo, élève en Terminale S.
Pour nombre de ces jeunes, l’événement lève le voile sur des filières insoupçonnées comme les métiers du pétrole et du gaz, l’architecture durable ou encore la cybersécurité.
Autre public attentif : les parents. Souvent perdus dans la jungle des choix post-bac, ils sont nombreux à poser des questions, à demander des détails sur les débouchés, les frais d’inscription ou les conditions d’admission. « Avant, on ne savait rien de ce que nos enfants choisissaient. Là, on peut les accompagner intelligemment », confie Ibrahima Fall, un père venu de Thiès.
La mise à disposition d’un espace connecté pour explorer et modifier son compte Campusen sur place, assisté de conseillers pédagogiques est une autre innovation majeure. Une manière d’éviter les erreurs d’orientation souvent irréversibles.
Professionnels, enseignants, élèves et parents saluent unanimement cette première édition, jugée utile, moderne et parfaitement organisée. Un sentiment partagé par les visiteurs qui espèrent déjà une deuxième édition, élargie et améliorée. Ce premier UniverSalon aura permis de réduire, l’espace de trois jours, la distance entre l'élève et l’université, entre les doutes du lycéen et la clarté des offres de formation.
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