L’Etat du Sénégal dans le but de diversifier ses sources de financements a lancé le 27 avril dernier un emprunt obligataire par appel public à l’épargne. Une stratégie qui trouve d’autant plus sa pertinence que la situation économique du pays reste secouée par la dégradation des notes du Sénégal par les agences de notations notamment Moodys et Standard et S&P.
Cette pression sur les finances de l’Etat est apparue à la suite de la publication du rapport de la Cour des comptes faisant état d’une dette publique largement supérieure au plafonnement autorisé par l’Uemoa et d’un déficit budgétaire exorbitant de 12%, au-dessus des chiffres antérieurement déclarés. Ces révélations ont conduit le FMI à suspendre les décaissements dans le cadre du programme d’appui de 1,8 milliard de francs destiné au Sénégal.
C’est suite à ces événements que le gouvernement du Sénégal a émis sur le marché domestique des obligations auxquelles pouvaient s’inscrire les investisseurs y compris les citoyens lambda. Cette opération est réglementée par l’autorité des marchés financiers basée à Abidjan, et l’opération se déroule sur un marché financier, en l’occurrence la BRVM (Bourse régionale des valeurs mobilières).
« Il existe deux manières de faire un appel public à l’épargne, de faire un emprunt obligataire. On peut faire un appel obligataire juste en émettant sur le marché, et donc n’importe quel acteur peut y souscrire. Mais l’Etat du Sénégal a plutôt mis l’accent sur l’autre manière en jouant sur le patriotisme, c’est-à-dire sur l’épargne nationale. Il a mis l’accent sur les ressources intérieures qui existent », fait savoir Abdou Diaw, journaliste, spécialiste en économiste.
Abdou Diaw, docteur en économie
Cet emprunt obligataire n’est pas le premier que l’Etat a émis sur le marché domestique. A en croire Dr Abdou Diaw, c’est depuis les années 2008, 2009 que le Sénégal a commencé à y émettre des obligations. Toutefois il reste que cet emprunt participe comme une alternative face aux besoins de financements de l’Etat.
Même si, la précision étant nécessaire, ces emprunts sont préalablement prévus dans le budget de l’année en cours. Cet appel public à l’épargne a connu un succès dû au dépassement du montant mis en adjudication par l’Etat du Sénégal. Car si initialement le gouvernement avait émis 150 milliards de francs, les investisseurs ont servi pour un montant de 405 milliards de francs CFA.
Toutefois, selon M. Diaw, la prudence doit être de mise au regard du chiffre avancé, car, « les 405 milliards, ce n’est pas de l’argent liquide que l’État mobilise. L’État a cherché 150 milliards de francs CFA. Ce qu’il faut noter, c’est que l’État avait mis en adjudication 150 milliards de francs CFA. Et jusqu’à présent, il n’a pas encore précisé le montant exact qu’il va retenir. Donc, les 450 milliards de francs CFA ce sont juste des intentions, des engagements annoncés ». Donc, « on ne peut pas dire que l’État a concrètement levé 405 milliards de francs CFA sur le marché. Il faudra peut-être relativiser », dit-il.
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