Au campus de l'université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), il est fréquent de voir des affiches publicitaires de petits commerces sur les murs. Les détenteurs de ces activités économiques sont souvent des étudiants. Ils exercent dans divers domaines de la chaine économique. Adama Niang est debout devant une table supportée par une mobylette en forme de chariot. De loin, il a l'air d'être au four et au moulin.
«Aujourd'hui je suis fatigué car mes autres collègues ne sont pas encore là », explique l'étudiant en master 1 de géographie. Actuellement il est le « directeur général » de Sen Food Express, une entreprise de production et de vente de jus locaux qu'il a montée depuis 2022 avec un ami. « On a démarré avec une faible somme. Aujourd'hui, on a recruté 12 étudiants qui nous assistent dans les différentes tâches de commercialisation de nos produits. Nous les rémunérons entre 50 000 et 60 000 francs CFA le mois ».
Adama rend grâce à Dieu du fait de la bonne marche de son business même s’il ne veut pas dévoiler son chiffre d'affaires. Ses jus de bissap, d'orange ou ses cocktails sans compter les pots de « Thiakri » et de « Ngalakh » sont visibles matin et soir sur le campus social. Sa proximité avec les étudiants, gage de son succès, se ressent nettement lors de ses discussions avec eux.
Contrairement à Adama, Cheikh Macké Syll est spécialisé dans la vente de boissons chaudes comme le café Touba, le Wass et le lait. L'étudiant en Master 2 en Politique et Négociation du Commerce International (PNCI) à l’Université́ Cheikh Anta Diop raconte ses débuts dans l'entrepreneuriat : « J’ai démarré mon activité entre 2020 et 2021, durant ma troisième année d’études à l’université. J’exerce dans le domaine de la vente de café Touba, que ce soit le produit fini (liquide) ou en poudre », confie l'étudiant à la tenue très ample communément appelée « Bay laat ».
Cheikh sert sa boisson partout où le besoin se fait sentir au sein du campus universitaire : « Bien que ma clientèle principale soit constituée d’étudiants, je suis également prêt à servir toute personne fréquentant l’université, qu’il s’agisse du personnel administratif ou des visiteurs, afin de répondre aux besoins variés en consommation de café Touba ». Le prix de la tasse varie entre 50 et 200 francs CFA, selon sa quantité. Cheikh Mbacké peut réaliser jusqu'à 10 000 francs CFA de bénéfice par jour, suivant la demande.
Gérant d’une agence de voyages
Le business des étudiants de l'Ucad s'articule également autour des services. Demba Diop (nom d'emprunt) est un étudiant en master 2 au département de Géographie en même temps gérant d’une agence de voyage. Depuis 2020 l'étudiant de 25 ans a lancé son activité. Il a réussi à monter une véritable agence en ligne. « Je fais des démarches de visa (études, tourisme), ventes de billets, réservation d’hôtel…) », soutient-il avec assurance. Notre interlocuteur ne travaille pas qu'avec des étudiants, il collabore également avec des particuliers.
Selon Demba, les tarifs varient de 7 500 à 700.000 francs CFA en rapport avec les pays et les services demandés. Son salaire est relativement élevé́. « C’est vraiment aléatoire, parce qu’il m’est arrivé́ de gagner 500.000 francs en un mois et de me retrouver avec moins de 50.000 francs un autre mois », souligne-t-il.
Mame Diarra Sene, résidant au pavillon H, s'active dans le commerce en ligne. A part la bonne marche de son business, l'étudiante en 2eme année en sciences politiques est souvent victime de harcèlements sur les réseaux sociaux. « Souvent des inconnus m'appellent sur mon numéro commercial pour me faire des propositions indécentes. La dernière fois quelqu'un m'a appelé pour me dire : « Une nuit c'est pour combien » ? J'étais vraiment choquée », s'indigne-t-elle.
Mame Diarra se dit satisfaite de son travail car il lui permet de subvenir à ses besoins tout en restant étudiante. L'essentiel de son travail se fait en ligne en collaboration avec de grands magasins de vente de tissus ou de vaisselles.
Le business à l'Ucad reste un véritable soutien pour les études selon les étudiants rencontrés qui rêvent tous de développer leur projet d'entreprenariat en de grandes entreprises.
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