C’est dans l’atmosphère solennelle de la République de Sierra Leone que s’est tenu ce sommet, en marge des réflexions sur le futur de l’intégration régionale. La rencontre, présidée par Julius Maada Bio, a vu la participation de nombreuses figures de proue de la région, témoignant de l’importance des enjeux abordés. L’événement majeur de cette session restera sans nul doute la consécration de la diplomatie sénégalaise.
Bassirou Diomaye Faye a été élu Président en exercice de la CEDEAO pour un mandat d’un an, succédant à Julius Maada Bio. Parallèlement, le Général Birame Diop a été nommé Président de la Commission de la CEDEAO pour le mandat 2026-2030, la conférence misant sur son expertise pour piloter les réformes communautaires.
Outre ces nominations, le Sénégal a été investi d’une mission de médiateur pour la Guinée-Bissau. Dakar devra accompagner ce pays frère vers son référendum constitutionnel du 30 août et ses élections générales de décembre 2026, tout en plaidant pour la libération et la participation des détenus politiques.
Le cap de l’ECO en 2027
Sur le plan économique, la CEDEAO maintient fermement son ambition monétaire. La Conférence a réitéré son engagement pour le lancement de l’ECO dès 2027, une étape qui débutera avec les États remplissant les critères de convergence. Une avancée symbolique a été notée avec l’enregistrement de la marque « ECO » auprès de l’OAPI.
Les dirigeants ont toutefois exprimé leur préoccupation face aux arriérés du prélèvement communautaire, essentiel au financement des institutions. Par ailleurs, face à la crise alimentaire, l’accent a été mis sur la souveraineté rizicole pour réduire la dépendance aux importations. Les chefs d’État ont également encouragé les infrastructures stratégiques, telles que le projet de Gazoduc Afrique-Atlantique en partenariat avec le Maroc, et la réduction des coûts du transport aérien, citant en exemple la Côte d’Ivoire.
Le rempart contre le terrorisme
Face à la dégradation sécuritaire au Sahel, la CEDEAO passe à l’offensive. Une feuille de route a été approuvée pour la mise en service d’une brigade antiterroriste régionale, dont la pleine capacité opérationnelle est visée pour juillet 2027. Les gouvernements de Côte d’Ivoire, du Ghana et du Nigéria devront s’accorder sur le siège de son quartier général.
Concernant les relations avec l’Alliance des États du Sahel (AES), la Conférence a prolongé le mandat du médiateur Lansana Kouyaté jusqu’en décembre 2026. La consigne est claire : les négociations avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger doivent se faire sous forme d’un bloc unifié pour éviter tout effritement de la cohésion régionale.
Condamnation de la xénophobie
Le sommet a également été le théâtre d’une prise de position ferme contre les attaques xénophobes en Afrique du Sud. La CEDEAO a exhorté Pretoria à protéger les ressortissants ouest-africains et a soutenu l’initiative du Ghana de porter ce débat devant l’Union Africaine.
Sur la gestion des affaires intérieures, les chefs d’État ont adopté une déclaration historique sur la parité hommes-femmes dans la représentation politique. Ils ont également félicité les nouveaux présidents élus, notamment Romuald Wadagni au Bénin et Mamadi Doumbouya en Guinée, tout en saluant le geste de réconciliation du Président Bio en Sierra Leone, qui a levé les poursuites contre son prédécesseur Ernest Bai Koroma.
Enfin, un hommage appuyé a été rendu à la République populaire de Chine pour le don du nouveau siège de la CEDEAO à Abuja, symbole d’un partenariat international renforcé. En clôturant les travaux, les chefs d’État ont exprimé leur gratitude au peuple sierra-léonais, tournant désormais leurs regards vers Dakar pour la suite de cette odyssée communautaire.
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