samedi 7 mars 2026 -
Connexion
EN CONTINU
Reportage

Ventes de lunettes à Sahm : Au coeur des marchands de la vue

Ventes de lunettes à Sahm : Au coeur des marchands de la vue
Source: CESTI INFO
Immersion au marché Sahm de Dakar, à la découverte des acteurs du commerce des lunettes. De l’expérience autodidacte de certains à la confiance de la clientèle, ce reportage met en lumière la technique d’approche de ces entrepreneurs locaux et leurs stratégies de vente. Chacun, à sa manière, contribue à rendre la vision accessible au plus grand nombre de nécessiteux dans la capitale sénégalaise.

De nos jours la vente de lunettes (de soleil ou simples..) est souvent associée à la vente de lunettes médicalisées, des correcteurs. Le brouhaha incessant du marché Sahm à Dakar est ponctué par les appels et les rires des vendeurs et le crissement des pas sur le passage piéton. Un léger fond musical de ‘mbalax’ se mêle à cette cacophonie organisée. Dans ce marché, il existe une chaîne de boutiques qui s'activent dans la vente de ces lunettes. Bada Faye est l'un de ces boutiquiers. « Notre boutique c’est Khelcom lunette vision. Nous vendons des lunettes simples, photo gray et médicales sur ordonnance », précise-t-il.

 Ici, au cœur vibrant du marché Sahm, un autre univers de l'optique se déploie. Un opticien-lunetier est chargé de la conception, de l'ajustement, du montage et de la vente d'un éventail d'appareils de correction de la vue, lunettes et lentilles particulièrement. Professionnel de la santé, son métier se situe à la jonction entre la profession de technicien et celle de conseiller commercial. Il travaille en complémentarité avec le médecin ophtalmologiste, qui est chargé de réaliser les prescriptions. N'ayant pourtant pas suivi cette formation, M. Faye s'est auto-formé au point de gagner la confiance de ses clients.

  Des lunettes de soleil dernier cri aux montures classiques, en passant par les lunettes correctrices, tout se négocie, se choisit, se vit dans cette effervescence typiquement dakaroise. Nathalie Gomis venue changer ses lunettes témoignage: «Moi, je préfère venir chez Bada. C'est moins compliqué, il y a moins de formalités que d'aller dans certaines grandes boutiques. Je viens pour changer mes verres, il a tout de suite compris ce qu'il me fallait. C'est rapide et il est de bon conseil. » Les clients comme Nathalie sont nombreux à choisir ces commerçants de lunettes comme ce monsieur d'une soixantaine d'années. Ordonnance à la main L. Diop demande à M. Fall si sa commande est disponible. « Oui, Ça y est ! J'ai enfin trouvé le bon degré pour vous. Venez voir, installez-vous », répond-il au fond de sa chaise entourée d'une table digne d'un bureau administratif.

  Ces lunettes bien qu'abondantes dans les marchés sont presque toutes importées. «  Nos lunettes proviennent de la France, de l’Italie et de la Chine. Et pour les verres médicaux de précision, on travaille avec la Suisse», souligne-Bada Fall. Et d'ajouter qu'il travaille de connivence avec des médecins ophtalmologues, ce qui lui permet de passer les commandes en respectant les normes indiquées. Au milieu de ce joyeux désordre, Bada jongle avec les prescriptions, les commandes et les factures. Un véritable chef d'orchestre de la vision, opérant au cœur du tumulte. Si un réseau invisible de fournisseurs internationaux alimente ces petites boutiques, la compétence locale ne s'arrête pas à la vente.

  À quelques pas de là, Cheikh T. Ndiaye, propriétaire d’Almactoum Optique, confirme l'attractivité de ce marché de la vision. « Le business des lunettes, c'est rentable, clairement. C'est pour ça que de plus en plus de jeunes entrepreneurs s’y lancent. Les besoins sont énormes, et les gens cherchent des solutions accessibles. Nos prix pour les lunettes médicalisées vont de 35 000 à 200 000 francs CFA pour des montures de marque avec des verres spécifiques. On essaie de s'adapter à tous les budgets ». Le chiffre d’affaires de ces commerçant peut aller jusqu’ à près 10 millions de francs CFA par mois. Pour Cheikh Tidiane, les réseaux sociaux ont beaucoup boosté son travail. La majeure partie de ses ventes se font en ligne. Mais, explique-t-il, « mes connaissances dans le milieu de la santé m'aident beaucoup. Ça rassure les clients et ça facilite certaines démarches pour les verres médicaux. Mais le web est une vitrine incontournable», se confie-t-il.

Au marché Sham, la vente de lunettes est bien plus qu'un simple commerce. C'est une réponse pragmatique à un besoin essentiel, un lieu de rencontres où la confiance se construit au fil des échanges et où l'expertise se forge sur le terrain. Dans ce tourbillon de couleurs et de sons, une vision claire de l'avenir se dessine, portée par la détermination de ces entrepreneurs de la vue.

Mots-clés :
Aucun mot-clé
Thierno Ndiaye

Thierno Ndiaye

Presse Ecrite

Journaliste, créateur de contenu digital particulièrement intéressé par les questions environnementales.

Soyez le premier à commenter cet article.

Laisser un commentaire

Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Footer Moderne - CESTI INFO