Avec une application bien choisie parmi les nombreuses proposées par les véhicules de transport avec chauffeurs (VTC) qui sillonnent Dakar, les clients peuvent commander un taxi en sélectionnant le trajet sur la carte intégrée à l’application, souvent avec des prix défiant toute concurrence. Cette nouvelle offre de transport est bien appréciée par de nombreux Sénégalais. C’est le cas d’Astou Diagne : « Depuis que j’ai découvert les VTC, je ne m’en passe plus. Les chauffeurs sont très respectueux, les voitures sont propres et les prix très abordables », raconte la jeune dame.
Les VTC offrent plusieurs options aux clients qui peuvent choisir, selon leurs moyens, un transport simple ou une option « transport confort » incluant climatisation et prestations haut de gamme. C’est en grande partie cette flexibilité qui a le plus séduit Astou, âgée d’une trentaine d’années, de taille moyenne et d’une corpulence assez développée.
Elle se dit heureuse d’une telle révolution dans le secteur des transports : « Avec les VTC, c’est comme si tu étais dans ta propre voiture avec ton propre chauffeur, tellement le service est bon et les conducteurs sont très serviables », souligne-t-elle. En comparaison, elle se remémore avec un sourire ses mauvaises expériences, souvent dues aux nombreux heurts avec des transporteurs classiques.
Un confort recherché
Oumar Sall est un jeune vendeur de vêtements prêt-à-porter. Il utilise souvent les VTC pour livrer ses produits. Pour ce jeune entrepreneur, la révolution des VTC est surtout d’ordre sécuritaire : « Je transporte des produits de valeur et souvent des sommes importantes d’argent. Non seulement les VTC te déposent jusqu’à la porte de ta maison, mais en cas de problème, ils peuvent facilement être retrouvés par la police, contrairement aux taxis classiques. »
Ainsi, il justifie son choix porté sur ces derniers. Interrogé au sujet des problèmes juridiques opposant les VTC aux taxis classiques, il ironise et en remet une couche sur les transports classiques : « Ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes et revoir leur comportement », lance ce jeune homme, visiblement amer à leur égard.
Modou Beye, habitant de la banlieue et travaillant comme gardien en ville, descend parfois très tard dans la nuit. Pour lui, rentrer a toujours été un calvaire, en raison du coût élevé des transports et du refus de certains chauffeurs de se rendre en banlieue à certaines heures. Ainsi, selon lui, les VTC sont apparus comme une solution miracle : « Les prix sont très abordables et en plus ils me déposent chaque fois jusqu’à la devanture de chez moi », explique-t-il.
Les VTC sont également un refuge pour de nombreux Sénégalais qui y gagnent bien leur vie. C’est le cas d’Ibrahima, jeune étudiant en master et chauffeur de VTC pendant ses heures libres : « J’ai pris la voiture de la maison pour faire du transport de temps en temps. Même si je ne gagne pas beaucoup, j’arrive quand même à bien assurer mes divers besoins », confie-t-il.
Pourtant, Papa Sow, chauffeur de taxi classique, sort la carte de l’acharnement. Selon lui, c’est un faux procès fait à leur encontre : « Je ne dis pas qu’il n’y a pas de problème chez nous, mais il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac. Même chez les VTC, c’est la même chose. Nous sommes des responsables, des pères de famille qui faisons bien notre travail », se défend-il. Après un profond soupir, il renchérit : « Nous voulons que l’État réglemente ce secteur et que tout le monde soit soumis aux mêmes règles et lois. » Trouvé à côté de Papa Sow, Amadou Fall affirme que c’est à l’État de protéger les chauffeurs de taxi, car ce sont des milliers de citoyens, de pères de famille, qui en dépendent.
Devant le juge
Selon un article publié par le journal « Le Soleil », à l’origine, les taxis jaune-noir utilisaient les plateformes de VTC. Mais selon Moussa Dia, président du Regroupement des taxis urbains du Sénégal, les applications de VTC n’ont pas respecté les accords de rémunération convenus avec les chauffeurs de taxi. Cela a conduit au retrait de ces derniers, qui sont retournés à la vieille méthode. La conséquence immédiate a été leur remplacement par des véhicules particuliers, souvent conduits par des chauffeurs privés disposant de leur propre voiture, mais ne remplissant pas les conditions requises.
Ainsi, le Regroupement des chauffeurs de taxis urbains du Sénégal a porté plainte contre les plateformes VTC, Yango, Yassir et Heetch, accusées de concurrence déloyale. L’affaire a été plaidée le lundi 14 avril devant le tribunal correctionnel de Dakar, lors d’une audience spéciale. Les chauffeurs de taxis traditionnels dénoncent l’illégalité présumée des opérations de ces applications, qui, selon eux, ne disposent ni de licences ni des autorisations exigées pour exercer le transport urbain. Ils pointent également le non-respect des normes professionnelles telles que les visites techniques, les assurances ou les permis adéquats. Depuis l’arrivée des plateformes VTC en 2021, ils affirment subir une forte perte d’activités et réclament 500 millions de FCFA de dommages et intérêts.
Les plateformes, elles, réfutent toute illégalité et dénoncent une procédure abusive. Leurs avocats demandent également 500 millions de FCFA en réparation du préjudice moral et de l’atteinte à leur image. Alors que le procureur a requis l’application stricte de la loi contre les VTC, la défense plaide la relaxe. Le verdict est attendu le 23 juillet 2025.
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