Organisé ce lundi 13 juillet par le Cesti en partenariat avec l'initiative Gender equality in taxation (Get), les étudiants en troisième année de journalisme ont entamé la première journée de formation intensive sur la fiscalité du genre.
Cet atelier a pour objectif d’armer les futurs professionnels des médias pour une production journalistique plus équitable, inclusive et débarrassée des clichés sexistes.
Tenue à la salle L2 de l’école, la première matinée est entièrement consacrée à la déconstruction des stéréotypes et à la compréhension des concepts clés de l'inégalité des genres entre les deux sexes.
Pour entamer cette première session, la formatrice Chantal Ndami Tholozan a exposé les concepts fondamentaux du genre. Elle a notamment insisté sur la distinction importante entre l’accès aux ressources et leur contrôle. Selon elles, l’accès permet uniquement l’utilisation d’un bien ou d'un service public, tandis que le contrôle implique un réel pouvoir de décision sur sa gestion et sa répartition des tâches aux hommes et aux femmes.
L’autonomisation ou encore empowerment est, selon elle, le processus permettant aux femmes d'acquérir leur indépendance économique et sociale. Cela passe naturellement par égalité entre les « cartes d’égalité de chances » entre la gente féminine et masculine, précise Djabou Bessane.
Stéréotypes de genre dans les médias
Les discussions tenues lors de cette première journée ont manifesté le vif intérêt de ces journalistes sur cette thématique importante. D’ailleurs, les étudiants ont confronté ces théories à la réalité au sein de leur profession. « Il y a bien des années avant, les rédactions sénégalaises répartissaient les tâches de manière inéquitable entre les hommes, c’est-à-dire en spécifiant certains sujets de reportages aux hommes et aux femmes », soutient Maïmouna Varia Yague Diamé, étudiante.
Selon elle, les journalistes femmes restent souvent cantonnées au traitement des sujets dits sociaux ou encore culturels alors que les rubriques économiques et politiques ou d’autres domaines demeurent majoritairement confiées aux hommes.
Cette intervention a permis d'illustrer concrètement la persistance des stéréotypes de genre dans l'espace médiatique confronté à l'essor des technologies de l’information et de la communication.
Par ailleurs, les échanges ont aussi été portés sur d’autres points centraux. À l’image de ces derniers, il y a le Gender Mainstreaming qui se définit comme l'intégration systématique de la dimension du genre dans l'élaboration des politiques de développement élaborées par l’Etat d’un pays. Ce sont l’ensemble des voies et moyens dont les décisions fiscales peuvent avoir des impacts différenciés et différés sur la vie des hommes et les femmes d’une communauté donnée.
Réagissant à cet aspect développé, l'étudiant Ibrahima Diallo appuie l'idée qu'une fiscalité sensible au genre est indispensable à l'équité sociale. Il précise notamment l'importance d'alléger la charge de la pression fiscale sur les activités du secteur informel, où les femmes sont majoritairement représentées dans les structures publiques.
En outre, il a été évoqué aussi les questions d’autonomisation et de leadership. Dans cette étape, les panélistes ont souligné l’importance et l’urgence de supprimer les inégalités de genres remarquées dans les sociétés africaines. Dans cette même lancée, il a été aussi évoqué les femmes qui s’activent dans un domaine bien précis et montrent la voie à suivre aux autres en quête de soutien moral et financier.
Cette première matinée d'échanges s'est conclue sur la nécessité pour les futurs professionnels des médias d'adopter une perspective de genre transversale. Ils ont été également invité à diversifier leurs sources d'information mais aussi à déconstruire les biais sexistes dans leurs futurs articles et reportages.
À noter que les travaux de cet atelier se poursuivent durant les quatre prochains jours avec une analyse attendue du cadre légal de la fiscalité et des budgets « sensibles » au genre.
Soyez le premier à commenter cet article.
Laisser un commentaire
Les champs obligatoires sont indiqués avec *