Il est 10 heures à la Médina, le soleil tape fort au-dessus de la ville avec des températures avoisinant les 29°C. Face à ce pic de chaleur étouffante, certains Sénégalais cherchant des solutions immédiates, se ruent vers les magasins pour acheter des ventilateurs, au grand bonheur des vendeurs et réparateurs qui voient leur activité prospérer.
Sur l’avenue Blaise Diagne, devant les magasins, les divers modèles de ventilateurs sont exposés. Ils sont très prisés, en cette période de canicule. Vendeurs et réparateurs confirment un regain des ventes.
Entre 10 et 15 ventilateurs vendus par jour
Debout dans sa boutique située à la rue 11, en plein marchandage, Serigne Fallou Diop, natif du Djolof, âgé d’une trentaine d’années, explique : « Depuis quelque temps, notre chiffre d’affaires est en hausse. Les prix varient entre 8 000 et 75 000 francs CFA, selon la qualité ».
Même constat chez Ghab Annr Uriel, cinquantenaire, originaire du Maroc, installé à la rue 13. Assis sur une chaise derrière son comptoir, il affirme : « Oui ! La vente de ventilos marche très bien depuis quelque temps. Personnellement, j’arrive à écouler entre 10 et 15 ventilateurs par jour. Il y en a pour toutes les bourses, de 10 000 à 60 000 voire même 75 000 francs CFA, selon le modèle », assure le Marocain. Dans cette boutique, il y a les plafonniers et les ventilateurs sur pied avec différentes qualités.
À quelques encablures de là, en face de la rue 17, se trouve la boutique de Sény Ndiaye. Installé derrière son comptoir, en train de remplir un cahier, il nuance : « Nous vivons des moments difficiles. Avant, nous vendions plusieurs appareils, mais aujourd’hui, même pour écouler 5 ventilateurs, il faut patienter plusieurs jours. Je ne sais pas si ce sont les Sénégalais qui se sont habitués à la chaleur ou parce qu’il n’y a tout simplement pas d’argent », s’interroge Sény, lunettes vissées sur le nez.
Si certains commerçants se plaignent, les réparateurs, eux, se frottent les mains. Un tour dans la ville permet de constater que la réparation de ventilateurs est particulièrement rentable en cette période de chaleur.
Petits métiers, gros gains
Après la Médina, cap sur le marché Fass. Debout devant une table pleine d’appareils à réparer, Ousmane Mané confie : « La réparation marche bien en ce moment. Vous m’avez d’ailleurs trouvé en train de réparer un ventilo à eau. Les gens nous sollicitent même le week-end », indique le jeune réparateur, installé sur la devanture du marché, en face des deux voies de Fass.
Il ajoute : « En cette période, de nombreux Sénégalais se procurent des ventilateurs, car ils consomment moins d’électricité que les climatiseurs et coûtent moins cher. »
Concernant les tarifs, la réparation d’un appareil électroménager dépend du modèle. À en croire ce quadragénaire, « les prix varient selon la panne. On peut réparer un ventilo pour 2 000 à 15 000 francs CFA », précise-t-il, tout en informant : « On ne se limite pas seulement à réparer, on recycle certains appareils et on les revend à moindre coût. Pour un ventilo neuf qui coûte 15 000 ou 17 000, nous, on peut le proposer à 10 000 avec une garantie de deux à trois mois. »
En effet, en cette période de chaleur, se procurer un ventilateur est plus qu’une nécessité. Les Sénégalais au budget assez modeste pour s'offrir un ventilateur neuf préfèrent se rabattre chez les réparateurs.
À quelques mètres de ce lieu, se trouve l’atelier d’André Manssane. Debout, hélice entre les mains, il peint les pièces de ventilateurs et examine les outils. Pour lui, tout va bien. « Notre travail marche bien en ce moment. Les clients préfèrent changer le moteur à 5 000 francs plutôt qu’acheter du neuf. Nous gagnons beaucoup ces temps-ci, que ce soit à l’exposition ou à la réparation».
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