Au restaurant privé Al Mahdi du campus universitaire de l'Ucad, les tarifs sont jugés abordables. C'est l'un des facteurs qui justifient son attractivité à côté du décor relativement luxueux en comparaison aux restaurants universitaires.
Sur place, le caissier Babacar Mbengue nous confie : « Contrairement aux établissements Al Mahdi situés à l’extérieur, ce restaurant du campus social propose des tarifs nettement plus abordables, spécialement adaptés aux étudiants. »
Du côté des étudiants, les avis sont tout autre. Bineta Tagourla, nouvelle bachelière, apprécie le cadre calme et climatisé pour ses exercices, mais juge les prix « un peu chers pour les étudiants ». Elle souhaite une réduction supplémentaire : « Certes ils ont diminué les prix par rapport à l’extérieur mais on souhaite qu’ils diminuent davantage. Ils doivent vraiment augmenter les efforts et diminuer les prix. »
Sa camarade, Oureye Seck, estime que certains plats, dont le prix varie entre 2000 et 2500 FCFA, ne sont pas adaptés au budget des étudiants. Elle pense que le restaurant ne vise pas seulement les étudiants mais aussi le personnel administratif du campus social pour justifier ces prix qu’elle juge « exorbitants » pour un étudiant.
Cependant, la politique tarifaire différenciée est un élément notable par rapport aux autres offres de restauration privées dans le campus.
L'environnement du restaurant contribue également à son succès. Le caissier indique : « En plus des prix qui sont accessibles, l’environnement attire. Parfois les étudiants viennent ici uniquement pour réviser car ce n’est pas interdit. Le directeur général a compris qu’on est dans un espace universitaire et du coup il facilite davantage l’apprentissage avec ce restaurant. » Il est fréquent d'observer des étudiants occupant les tables non pas pour consommer, mais pour étudier ou échanger.
Le restaurant maintient un fonctionnement continu grâce à une organisation en plusieurs équipes, comme l'explique Berte Mendy, une vendeuse du restaurant. Elle travaille de 7h à 15h, relayée par une équipe de 15h à 23h, puis une autre de 23h à 7h du matin. Berte Mendy observe que les achats fréquents des étudiants portent sur des produits à moindre coût, tels que les glaces, les croissants, les mini-salés et aussi les beignets. Bien que des achats plus importants soient occasionnellement effectués fait-elle comprendre.
Modou Ndour, agent de sécurité du restaurant, est chargé de veiller au respect du réglement intérieur : « On ouvre l’accès aux étudiants pour venir acheter ou réviser mais d'apporter ici de la nourriture achetée ailleurs. Moi, je veille à ce que les étudiants respectent cela », déclare t-il. Modou, qui est dans le métier de sécurité depuis 2015, affirme n'avoir « jamais eu de problème avec un quelconque étudiant. » Il privilégie la communication pour gérer les situations, comme il le confie.
La qualité du service et de l'accueil est un aspect qui séduit les clients. Mame Fatou Fall, une étudiante à la faculté des lettres, salue le professionnalisme et la gentillesse du personnel. « Quand tu vas dans la plupart des restaurants de Dakar, tu trouves un personnel arrogant, mais ici franchement le personnel est accueillant et ça donne envie d’acheter et de rester. »
Pour sa part, Babacar Dieng, étudiant en Master 1 de Sociologie, analyse la stratégie commerciale d'Al Mahdi. Bien qu'il soit devenu un client régulier pour le petit-déjeuner et les révisions, le sociologue en devenir estime que l'accessibilité des prix s'inscrit dans une démarche marketing.
« C’est une sorte de politique pour permettre aux étudiants de venir passer du temps à l’intérieur du restaurant avec l’intention de réviser, mais plus tu y passes du temps, plus l’envie d’acheter te gagne l’esprit. » Il identifie la position géographique comme un atout majeur du restaurant face à la concurrence. Babacar Dieng suggère l'installation d'un accès Wi-Fi pour accroître l'attractivité.
Dans un campus social où les troubles sont fréquents, l’étudiant alerte sur les risques auxquels ce restaurant est exposé en cas de manifestations étudiantes, qui peuvent occasionnellement dégénérer. C'est peut-être pour prévenir ce risque que des barrières sont installées pour protéger les vitres. Il formule le souhait que de tels incidents ne se produisent pas.
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