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Un Kankourarng aux Hlm Grand-Yoff

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AAprés la guérison des circoncis dans ce quartier de Dakar, le Kankourang était de sortie pour une séance d'animation.

 

       

En cette période des vacances, une attraction capte l’attention des habitants et des passants du quartier Hlm Grand-Yoff non loin de l’hôtel Sousoum. Il s’agit de la sortie du kankourang, organisée par les membres d’une famille originaire de la Casamance. Le Kankourang est un rite initiatique que l’on retrouve  chez les mandingues au Sénégal, en Gambie et en Guinée-Bissau, mais aussi dans la ville de Mbour au sud de Dakar.  Il est associé à un masque et à un rituel célébrant la circoncision. Vêtu  de fibres de couleur rouge, il parcourt les rues pour faire peur aux populations afin de protéger les jeunes circoncis durant leur initiation.

Les habitants de cette partie des Hlm Grand-Yoff ont donc eu l’occasion de vivre d’intenses moments rythmés par la culture mandingue. La famille organisatrice habite un bâtiment de deux étages à l’angle d’une rue passante. Depuis quelques jours, la demeure accueille des circoncis y vivant et d’autres, dans les maisons avoisinantes qui peuvent ne pas être d’ethnie mandingue. Ils y sont regroupés pour  leur initiation et ce voilà plusieurs années. L’initiative est à mettre au crédit de la famille Diabang.Selon le porte-parole, Pape Ousmane, l’objectif visé est de revisiter leur culture. « Beaucoup pensaient qu’on avait abandonné notre culture du fait de notre naissance à Dakar. Cette quatrième édition prouve le contraire. »

Muni de coupe- coupes, le Kankourang engage des courses folles qui ont la manie de fuir les jeunes mais aussi les grandes personnes. Son allure, ses danses ; ses mimes et sa vitesse électrifient l’assistance en même temps qu’elles la divertissent. Une dimension mystique se dégage aussi dans ses mouvements souligne notre guide, un fervent disciple de Serigne Touba. «En mimant de frapper et en dansant, il protégé aussi tous  nos voisins du quartier. Il y a d’autres aspects que je ne saurai dévoiler ici, ils sont exclusivement réservés aux initiés. Seulement je peux dire que le fait que son coupe-coupe vous touche est un grand bienfait. L’aspect folklorique est le plus visible mais sachez que le volet protecteur demeure bien présent. Il est même primordial à nos yeux. »

L’homme masqué et complétement couvert de rouge est accompagné de batteurs de tam-tam dont les rythmes font bouger les jeunes filles et certaines dames. Une bonne ambiance règne dans les parages. Ce 21 septembre, les rues et ruelles du coin, d’habitude si calmes, sont bruyantes. Cette manifestation révèle un grand engouement de la part de la population. Pour certains, c’est une découverte surtout chez les jeunes accompagnés de leurs parents. Elle a permis de les séparer momentanément de leurs téléphones et tablettes. Quitter le monde virtuel pour celui réel, à la découverte d’autres cultures et élargir leur horizon. Sur leurs visages, la joie et les sourires sont visibles tandis que leurs yeux sont admiratifs devant cette créature .Dans un sourire, l’ingénieur-géomètre révèle: «Nous sommes pris en otage par ces mômes. Chaque année, ils attendent ces moments avec impatience. L’un d’entre eux ,après être retourné aux Etats-Unis, avait obligé son père de le ramener à Dakar, l’année suivante pour assister au Kankourang .»

La présente édition a été une grande réussite. Elle rappelle les sorties du Kankourang, inscrit d’ailleurs au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, à Mbour et en Casamance. Le souhait de La famille Diabang est d’inscrire l’événement dans l’agenda culturel de la commune vu sa dimension qui ne cesse de grandir d’année en année.  

 

 

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Publié par

Anta Gaye Ndoye

Etudiante en troisième année de journalisme au CESTI, je suis passionnée par le fact-checking (vérification des faits). Je m'intéresse également aux questions d'ordre économique et l'environnementale.

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