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Orchestra Baobab, 50 ans de rythmes et d’effervescence musicale

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Formé à Dakar en 1970, l’Orchestra Baobab a célébré ses 50 ans d’existence en fusionnant des influences du mbalax, de la salsa et du jazz pour créer un son unique, marquant profondément la musique sénégalaise. Il sera donc l’un des groupes les plus anciens et prolifiques, pour avoir enregistré plus de 20 disques et cassettes entre 1972 et 2001. Après plusieurs décennies d’absence sur la scène internationale, le groupe revient avec une énergie renouvelée, captivant à la fois les anciens fans et une nouvelle génération, tout en restant fidèle à ses racines musicales africaines.  

            

Orchestra Baobab, c’est l’écho lointain d’un rêve musical né dans les rues vibrantes de Dakar, une alchimie sonore où les échos d’Afrique, de Cuba et de l’âme latine se rencontrent dans un souffle universel.

C’est un arbre majestueux, dont les racines plongent profondément dans la terre africaine, tandis que ses branches s’étendent, comme pour toucher les étoiles, portant avec elles la richesse d’un continent et la chaleur du monde entier.

Le nom même du groupe évoque cette idée de résistance tranquille, de force et de longévité : le baobab, cet arbre mythique dont les racines s’enfoncent dans la terre séculaire, tel un gardien des secrets de l’humanité.

Tout comme cet arbre, Orchestra Baobab a traversé les âges, les silences, les tempêtes, pour renaître à chaque instant avec une fraîcheur inaltérée, une vibration qui capte l’essence de la vie elle-même. Leur musique, telle la sève qui circule dans le tronc d’un arbre centenaire, porte en elle les traces du passé, tout en étant résolument tournée vers l’avenir.

Rythme, rythmique et stylistique

Formé dans les années 1970, le groupe naît dans une époque d’effervescence créative, au cœur d’un Sénégal qui, tout juste indépendant, cherche à faire entendre sa voix dans un monde encore marqué par la colonisation et les luttes sociales.

Pourtant, Orchestra Baobab, loin de se cantonner à un seul horizon, puise dans une multitude de sources pour créer un son inimitable, une musique où l’Afrique ne se contente pas de regarder ailleurs, mais se nourrit des influences de tous les continents.

Leurs mélodies sont des ponts, des passages entre les continents, des rencontres inattendues entre le mbalax, les rythmes d’Afrique de l’Ouest, et les sons chaloupés de la salsa ou les éclats lumineux du jazz. Imaginez un orchestre où les cuivres, tels des oiseaux de feu, s’élèvent dans le ciel au-dessus des rythmes pulsants des percussions.

Les guitares, lentes et langoureuses comme les vents du désert, se mêlent aux saxophones et aux trompettes, leurs notes se croisant, s’enlaçant, comme des rivières qui convergent pour donner naissance à un fleuve. Chaque chanson de l’Orchestra Baobab est une invitation à la danse, à la méditation, à l’envoûtement.

Une promenade à travers des paysages sonores où la terre d’Afrique se mêle aux cieux du Nouveau Monde. Les voix du groupe, portées par des musiciens légendaires comme Barthélémy Attisso à la guitare, la voix de Ndiouga Dieng ou de Rudy Gomis, le son mélodieux du saxophone de Thierno Koïte, compositeur de cœur et âme, deviennent le cœur battant de cette aventure sonore.

Leurs harmonies sont à la fois douces et puissantes, comme une caresse suivie d’un cri de révolte. Les paroles, souvent d’une poésie fragile et envoûtante, chantent l’amour, la nostalgie, les luttes silencieuses des peuples, mais aussi cette lumière, cette force inaltérable qui brille au-delà des difficultés.

Le groupe se fait porte-voix de la vie quotidienne, un chant de résistance contre le temps qui passe et les épreuves. Les morceaux comme “Bulma Miin” ou “Ndeleng Ndeleng” sont des joyaux intemporels, des fenêtres ouvertes sur des émotions profondes, des histoires qui résonnent dans les cœurs bien au-delà des frontières de l’Afrique. Leur musique, chargée de chaleur, est une invitation à se perdre dans la beauté du moment présent, à se laisser porter par les vagues du rythme et les éclats des mélodies.

Se ressusciter tel une hydre

Et puis, il y a cette résurrection, ce retour en 2001, comme un souffle de vie après le silence. La scène, longtemps laissée vide, reprend sa place dans l’histoire musicale avec une nouvelle intensité. Le groupe renaît comme une étoile filante, éclatante, marquant de sa lumière ceux qui l’ont vu se relever, tels des témoins d’un miracle.

Leurs concerts, désormais empreints de la sagesse du temps, sont des rituels sacrés, des moments de communion où chaque note, chaque vibration est un rappel du lien invisible qui unit tous les êtres humains, au-delà des couleurs et des continents.

Orchestra Baobab est plus qu’un groupe, il est un voyage, une aventure sonore qui nous prend par la main pour nous emmener dans les méandres d’une Afrique en perpétuelle évolution, mais toujours ancrée dans ses racines profondes.

À chaque écoute, c’est comme une rencontre avec l’essence même de la musique : une langue universelle, un souffle commun, une histoire qui se poursuit, au-delà des époques, des frontières, et des silences. Aujourd’hui, Orchestra Baobab continue de vivre dans l’ombre des baobabs géants, un phare lumineux pour les musiciens, un trésor caché pour les auditeurs, et une légende qui, telle la sagesse d’un arbre centenaire, se transmet de génération en génération. 

                                                                                                                                                            

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Amadou Kebe

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