Dr Mamadou Ndiaye fait le point sur la vaccination contre les maladies infantiles

En marge d'une campagne de vaccination contre les maladies infantiles, un évènement a été consacré à la santé et à la vaccination. Dr Mamadou Ndiaye, médecin en santé publique et spécialiste de la vaccination, nous a accordé cet entretien.
En marge d'une campagne de vaccination contre les maladies infantiles, un évènement a été consacré à la santé et à la vaccination. Dr Mamadou Ndiaye, médecin en santé publique et spécialiste de la vaccination, nous a accordé cet entretien.
C'est quoi la vaccination infantile ?
Vous savez que la vaccination est une stratégie, un moyen, pour protéger les enfants contre les maladies dites, les maladies évitables par la vaccination. Cela contribue à terme à réduire la mortalité infantile du bébé. Parce que c'est des maladies qui sont connues et qui affectent les enfants dès le bas âge.
Donc dans tous les pays, depuis plus d'une vingtaine d'années, il y a des stratégies qui sont mises en place pour démocratiser la vaccination, avec des programmes qu'on appelle communément Programme Élargi Vaccination. Et partout dans les pays, il y a une organisation assez complexe, mais qui est assez performante aussi pour toucher tous les enfants et les vacciner contre ces maladies, afin de pouvoir aussi réduire, comme je l'ai dit tantôt, le nombre de malades de ces maladies.
Pourquoi le taux de la mortalité infantile est toujours élevé malgré les campagnes de vaccination qui ont été menées depuis toutes ces années ? Quelle est la principale cause du nombre élevé d’enfant à situation réduite (polio) ?
Oui, il faut dire qu’il y a des progrès qui ont été obtenus. Ce qu'on doit lui dire, c'est qu'il y a eu une baisse de la mortalité infantilo-juvénile. Dans certains pays, et d'une manière drastique, la vaccination y a contribué massivement. Toutefois, on n'a pas toujours ces taux élevés de ces maladies-là. Au contraire, il y a une chute, une chute même considérable. Donc on peut dire que la vaccination a engendré des succès incontestables.
L'autre question, c'est qu'il faut éviter de voir tout enfant avec à mobilité réduite, de dire que c'est à cause d'une maladie liée à la maladie, à une maladie évitable par la vaccination.
Effectivement, avec la poliomyélite, on a connu une génération d'enfants qui a été atteinte de cette maladie et qui s'est manifestée par un handicap. Autrement dit, ce sont des enfants qui sont handicapés, qui ont une mobilité extrêmement réduite. Mais de plus en plus, avec la vaccination, les campagnes de vaccination de masse qui ont été menées depuis plusieurs années, cela a eu un succès.
Effectivement, avec la poliomyélite, on a connu une génération d'enfants qui a été atteinte de cette maladie et qui s'est manifestée par un handicap. Autrement dit, ce sont des enfants qui sont handicapés, qui ont une mobilité extrêmement réduite. Mais de plus en plus, avec la vaccination, les campagnes de vaccination de masse qui ont été menées depuis plusieurs années, cela a eu un succès.
Quelle est la stratégie que vous allez adopter pour contreparer ces problèmes ?
C'est de faire en sorte que chaque enfant ne puisse naître dans nos pays sans être vacciné. Donc les gouvernements sont concernés en premier, mais aussi la société civile, les médias, les communautés, pour que l'on continue à avoir confiance à la vaccination.
Mais aussi, que l'on puisse aussi améliorer l'offre en termes de quantité et de proximité pour que toutes les communautés où est-ce qu'elle puisse être, avoir accès à ces services.
C'est pourquoi des organisations de la société civique comme Niyel et d'autres, par des initiatives qui consistent à parler à tout le monde, contribuent à cet objectif de pouvoir, d'une manière très large, faire que tout le monde soit impliqué dans la vaccination. Nous pensons que d'ici certaines générations, il y a certaines maladies qui vont carrément disparaître, en tout cas, ne plus constituer un problème de santé publique dans nos pays. La vaccination, c’est pour protéger la communauté, ici on nous parle de la vaccination des enfants.
Il y a un problème par rapport à nos communautés. Sachant que nos communautés sont pauvres, comment contrecarrer ceci face à cette forte demande de vaccins ?
Oui, je l'ai dit tantôt, lorsqu'il y a une demande de vaccins, c'est déjà un bon signe, que les communautés répondent. Donc il appartient au gouvernement, dans son rôle républicain, de répondre aux besoins de ses populations. C'est donc tout l'intérêt ici de mobiliser tout le monde pour que les ressources soient mises à la disposition des professionnels de la santé pour vacciner le maximum. Quelle que soit la communauté, pauvre, éloigné, tout le monde doit être vacciné, c'est ça le principe.
Ce n'est pas parce qu'on est pauvre que nécessairement on ne bénéficie pas de la vaccination. Non, l'idée ici c'est d'avoir des taux très élevés, 90% des enfants doivent être vaccinés, par exemple dans notre programme de vaccination contre 13 à 14 maladies. Donc tout le monde est concerné et il y a des stratégies très très ambitieuse qui sont mises en oeuvre pour toucher l'enfant, quel que soit l'endroit où il habite. de vaccins.
Les gens sont de plus en plus hésitants en matière de vaccin. Comment comptez-vous faire pour contrer le mythe du vaccin?
Oui, de plus en plus, avec l'extension, en tout cas, l'utilisation massive des nouvelles technologies, effectivement, il y a des contenus qui sont publiés et qui font douter des vaccins. Donc, c'est normal que les populations se posent des questions.
Ainsi, il faudra peut-être entamer un dialogue avec ces populations, les écouter, afin qu'ils suppriment leurs craintes et que nous puissions répondre d'une manière positive sur des faits qui sont scientifiquement reconnus et sur des faits aussi qui ont fait leur preuve et qui sont incontestables.
Quel est le message que vous lancez à l’endroit de nos auditeurs concernant cette journée ?
L'organisation de cette manifestation est un signe encourageant dans le sens que l'initiative vient de la société civile. Et les cibles sont des cibles, sont des sociétés civiles de demain. C'est essentiellement des étudiants qui viennent des facultés, qui viennent des instituts de formation. Donc le message que nous lançons c'est que la vaccination n'est pas seulement un problème des professionnels de la santé, c'est un problème de la communauté.
L'organisation de cette manifestation est un signe encourageant dans le sens que l'initiative vient de la société civile. Et les cibles sont des cibles, sont des sociétés civiles de demain. C'est essentiellement des étudiants qui viennent des facultés, qui viennent des instituts de formation. Donc le message que nous lançons c'est que la vaccination n'est pas seulement un problème des professionnels de la santé, c'est un problème de la communauté.
La vaccination est un instrument, un moyen, une stratégie qui nous permet de sauver nos enfants. C'est une expression en réalité de l'amour que nous avons pour nos enfants et de responsabilité pour les parents. Donc il est important que nous tous ensemble, que nous puissions nous mobiliser pour que la vaccination continue à être faite pour protéger nos enfants.
