« La vie en spiral » : Saaraba Éditions redonne vie au texte d’Abass Ndione

Ce début de mois de mars marque la publication de la version rééditée du roman de Abass Ndione “ la vie en spirale” par Saaraba Éditions. Le livre, qui regroupe les deux tomes, est postfacé par le Goncourt de 2021, Mohamed Mbougar Sarr.
La vie en spirale, roman paru pour la première fois en 1984, est un livre qui évoque un phénomène marquant des années 1980 mais également encore présent dans notre société : le cannabis ou le « yamba » en wolof. Les deux tomes sont initialement édités par les Nouvelles éditions africaines (NEA) puis réédités par Gallimard en 1998 en un seul tome.
Dans un souci de précision, Oumar Diaw, journaliste et auparavant professeur de lettres indique dans un entretien qu’il nous a accordé, que le roman, comme l’indique également l’auteur, ne fait pas l’apologie de cette substance. C’est une histoire qui retrace la vie de jeunes gens qui sont accros au cannabis, une manière de parler de tous ces jeunes qui sont dépendants au yamba.
L’histoire qui se déroule à Sambay Karang, un village lebou qui fait penser à Bargny, le terroir de l’auteur, nous plonge au cœur de la fumée du cannabis, dans un lieu marqué par des réalités socio-économiques, culturelles, religieuses et politiques. La pauvreté, le chômage, le stress imposé par la société, la dépression sont des facteurs qui hantent les jeunes de cette localité. Amouyaakar Ndoye, le personnage principal du livre est tombé dans le vice du cannabis.
Chauffeur de taxi entre Rio et Sambay Karang, il devient « Sipikat » ou dealeur en wolof après une pénurie de yamba dans le pays. Avec son cercle d’amies, ils incarnent les conséquences négatives que peuvent avoir le cannabis dans la vie humaine. Marqué par des intrigues et des rebondissements, le texte attire l’attention du lecteur dans un langage fluide et accessible.
L’auteur du livre Abass Ndione, au-delà de sa blouse blanche par laquelle il a servi le pays de son vivant, était une plume remarquable. « La vie en spirale » fait sans doute partie de ces plus belles œuvres à côté de « Mbeukk mi » et de « Ramata » nous fait savoir Oumar Diaw. La médiathèque de Bargny porte son nom. Un hommage à un homme qui a marqué la littérature au sein de cette communauté lebou.
Monsieur Diaw ajoute que le postface de Mohamed Mbougar Sarr, le prix Goncourt de 2021 est très significatif. Un lien qui lie un homme qui marqua la littérature contemporaine et un autre qui incarne l’espoir du monde des livres au Sénégal.
Mohamed Mbougar Sarr à l'Acamedie Goncourt après son sacre en 2021
La Maison d’édition Saaraba Éditions s’engage depuis quelques temps à rééditer des classiques de la littérature sénégalaise. Monsieur Diaw trouve que c’est plus que louable, c’est satisfaisant de redonner vie à ces romans qui auparavant ont fait les beaux temps de la littérature de notre pays.
