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Pénurie de poisson : Soumbedioune sans saveur

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Le manque de poisson est bien une réalité au marché Soumbedioune. Les acteurs de la pêche dénoncent une situation très difficile à cause des bateaux étrangers,  la cherté des licences et la protection des côtes sénégalaises.

Longtemps nombreux sur les côtes sénégalaises, le poisson est de plus en plus une denrée rare. Au marché Soumbédioune, sur la corniche Ouest de Dakar, il est 15h 45, pêcheurs, vendeurs et rabatteurs s’activent sur les quelques pirogues revenues de mer. Entre les rangées de pirogues aux couleurs variées accostées sur le rivage, sous le regard des chiens errants, des femmes assises sur des seaux, porteurs de caisse, charretiers et  clients cherchent le bien précieux. Ce n’est pas l’affluence des grands jours en ce mois de ramadan.

  « Les bateaux étrangers pillent nos ressources »

Chapeau bien ajusté, sac en bandoulière, barbe touffue et plein de sable, Olivier, vendeur de poisson explique la rareté du poisson par la présence des bateaux étrangers et l’utilisation des filets de pêche non règlementés sur les côtes sénégalaises. La pêche industrielle a appauvri la mer, les  seules espèces disponibles au marché Soumbedioune sont dorades, sompate, maquereaux,  vendues à des  prix  très élevés. Les pêcheurs n’arrivent plus à trouver du poisson frais sur les côtes.

Une situation  inquiétante pour Alassane, pêcheur, trouvé assis sur la tranche de sa pirogue aux couleurs vives, regard pointé à l’horizon, dénonce les contrats de pêche accordés aux bateaux étrangers. Sous le cri saisissant des vendeuses  de poisson qui guettent le retour probable de prochaines pirogues, Alassane, d’un air désespéré lance : « les bateaux étrangers pillent nos ressources. Ils s’introduisent dans les zones réservées à la pêche artisanale ». Selon lui, la pêche des chalutiers peu sélective, emporte petits et gros poissons dans les prises sans un tri préalable au grand désarroi des pêcheurs traditionnels. Pour Alassane, « L’Etat doit renégocier les contrats de pêches et protéger nos activités ».

Les licences de pêche  artisanale, un casse-tête chinois

Si la surexploitation des ressources halieutiques est autant décriée par les acteurs de pêche de Soumbedioune. L’octroi des licences de pêche et son coût élevé freinent l’approvisionnement des poissions. Pour Bory Diaw, pêcheur retraité,  responsable du marché de Soumbédioune, barbe blanche, écouteurs aux oreilles, sous une tante très animée où amis, femmes et enfants, assis sur des bancs de fabrication de pirogues cassées, décrit une situation très difficile pour les pêcheurs qui n’ont plus accès à la mer.

Le silence et l’écoute de ses amis sous le parfum du thé  témoigne de l’oisiveté des pêcheurs sur les rivages de Soumbedioune.  Selon lui, « il faut que les nouvelles autorités nous aident à obtenir les licences de pêche qui sont très chères et durent que trois mois alors qu’auparavant c’était un an. En plus, elles coûtent très chères. Les pêcheurs ne peuvent plus acheter les licences ».

L’appel des acteurs de Soumbedioune

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Le contrôle des côtes maritimes sénégalaises est une priorité pour les pêcheurs traditionnels pour conserver les  espèces menacées  comme les sardinelles afin d’assurer un  écosystème marin durable. Pour Olivier, l’effort de surveillance de la pêche illégale va augmenter  les capacités d’observation et  d’identification des navires qui contreviennent à la réglementation des pêches au Sénégal.

A l’image d’Aissatou Cissé, mareyeuse, habillée en tenue traditionnelle wax, mains bien protégées avec gants. « Le contrôle des bateaux va nous permettre de protéger nos pêcheurs et développer notre activité car on vit que de poison ».

Avec 720 km de côtes, un contrôle plus efficace des côtes maritimes sénégalaises, est réclamé par les acteurs  pour booster une  activité porteuse d’espoir  pour les pêcheurs et les amoureux de poisson grillé sur la plage.

 

 

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Ousseynou Niang

Ousseynou Niang étudiant en journalisme au CESTI Cesti

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