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Pénurie des dattes « Deglet Nour » à Dakar

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  Qui dit ramadan dit rupture du jeûne qui intervient à quelques minutes de la prière du crépuscule ou ‘’timis’’ en wolof. Comme le veut la tradition prophétique, les musulmans coupent leur jeûne avec l’indispensable datte. C’est pourquoi, à Dakar, les vendeurs de ce succulent fruit sucré, issu du palmier-dattier, arbre emblématique des zones arides du Proche et du Moyen-Orient, espèrent faire de bonnes affaires.

 Depuis le début du mois béni de Ramadan, à Dakar, le vent léger caresse la peau, soufflant une fraîcheur vivifiante qui réveille les sens. Le ciel, souvent clair ou légèrement voilé, laisse filtrer une douceur lumineuse tandis que l’air pur et rafraîchissant invite à respirer profondément. Il fait l’affaire des fidèles musulmans surtout ces marchands ambulants qui arpentent sans relâche les quartiers et les avenues, du matin au soir.

Ce mercredi 4 mars, la fraîcheur impose le port de jacket à la population. A la Medina, l’un des quartiers populeux de la capitale, dans les boutiques du marché Tilène et à leur devanture, sur les trottoirs ou à la criée avec les ambulants, impossible de ne pas constater le regain de la vente de dattes.

  Alioune Dramé s’est lancé dans la vente de dattes depuis presque huit ans. Sillonnant les rues de la capitale sénégalaise, il dit avoir toujours trouvé son compte dans ce commerce. « Mon métier me permet de nourrir ma famille, de m’occuper de mes enfants et subvenir à mes propres besoins », dit ce marchand originaire de Kaolack.

  Au marché Tilène, les étals débordent d’épices parfumées, tandis qu’une foule bruyante se presse dans une allée étroite qui traverse ce lieu mythique. Tilène c’est le lieu où se croisent des marchands de tout type de produits.  Sur ce trajet, se positionnent à la sortie, des vendeurs de dattes. Djiby Diallo est vendeur de ce fruit à noyau depuis trois décennies. « C'est grâce à la vente de dattes que je nourris mes enfants et assure leur scolarité́́ », dit-il.

Les dattes qu’il vend à ses clients proviennent d’Algérie. « Elles sont très prisées, parce que plus sucrées et se conservent longtemps », confie-t-il en bon connaisseur. Dans son jacket noir, la voix chargée d’émotion, le vieux Diallo dit attendre depuis deux semaines la livraison d’une commande qu’il avait effectuée auprès de son fournisseur dakarois, qui à son tour s’impatiente de voir ses stocks arriver du pays maghrébin.

  Sur le marché, beaucoup de vendeurs de dattes redoutent la pénurie d’une variété. Appelées communément dattes d’Algérie, les dattes « Déglet Nour » sont prisées par beaucoup de clients. Assis devant son étal qui regorge de variétés de dattes aux teintes dorées et brunes, soigneusement disposées en pyramides, Djiby, environ 70 ans, s’inquiète : « Si les clients qui raffolent de leurs dattes préférées, je risque d’en perdre certains. »

A la question de savoir les raisons de cette pénurie, cet originaire du Fouta Djalon, confie que les fournisseurs rechignent à faire de grosses commandes de dattes, de crainte de ne pas tout évacuer à la fin du Ramadan. Il soutient que cette année, ce sera un peu plus compliqué, puisqu’ils ont eu écho que l’Etat du Sénégal a bénéficié auprès du  royaume d’Arabie saoudite, d’un don de 50 tonnes de dattes pour le Ramadan.

 Amath Guèye, également vendeur de dattes depuis huit ans, ne tarit pas d’éloges sur ce fruit prisé des jeûneurs. « Mes prix varient entre 100 et 2 000 francs CFA », dit-il, tout en discutant avec deux clientes. Pour M. Gueye la pénurie de « Déglet Nour » lui occasionnerait une grosse perte, puisqu’il dit avoir investi une somme de 700 000 F CFA dans cette variété. Pour le moment, le marché n’est pas bien approvisionné en dattes, ajoute-t-il, espérant toutefois que ses commandes lui soient livrées en fin de semaine. 

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Publié par

Ibrahima Diouf

Je suis étudiant en troisième année de journalisme au CESTI , option presse écrite.

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