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Mohamed Sy, directeur artistique de Campus 2H : « Faire accepter les artistes universitaires »

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Peu connu de beaucoup d’étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar,  le groupe artistique, Campus 2 H porte le combat de ces apprenants confrontés à d’énormes difficultés.  Mêlant art et culte de la paix, le mouvement se repositionne après douze ans d’existence. Dans cet entretien, le  Directeur artistique, Mohamed Mansour Sy revient sur ce nouvel élan.

 Pouvez-vous nous présenter Campus 2H?

  Le mouvement Campus 2H a vu le jour en 2013 avec pour objectif de faire connaitre et accepter à l’UCAD les artistes universitaires.  Parce que des activités s'organisaient au sein du campus lors desquelles des artistes ne pouvaient même pas monter sur scène pour dévoiler leur talent. C’est alors que nous avions réfléchi sur comment mettre en place un mouvement, un collectif des artistes universitaires pour remédier à tout cela. Mais aussi pour aller plus loin, c'est-à-dire revendiquer certains droits, certains privilèges des artistes et défendre les intérêts des étudiants.

  Quelles activités menez-vous pour la cause estudiantine ?

  Nous menons des campagnes de sensibilisation pour une meilleure hygiène au niveau des toilettes au campus social. Les gens faisaient n'importe quoi dans les toilettes et dans les restaurants, les étudiants se comportaient comme ils voulaient. Ce que nous tentons de stopper. En tout cas, c'est un mouvement qui a vu le jour pour servir ses propres étudiants artistes, mais avec le temps, qui a su jouer le rôle de médiateurs entre les étudiants et les autorités universitaires, entre les étudiants et le monde extérieur ou bien les autorités publiques, alerter sur les différentes interrogations que les étudiants se posent. Nous œuvrons vraiment dans l'intérêt des étudiants et pour une prise de conscience citoyenne.

 Créé en 2013, ce mouvement n’est cependant pas connu de la plupart des étudiants de l’UCAD.  Peut-on dire qu’il y a un problème ? 

  Je ne dirais pas qu’il y a un problème, mais plutôt une incompréhension, à un certain moment, entre l'autorité et nous. Une incompréhension qui a fini par être dépassée. Parce qu'on a tendance à dire que le meilleur juge c'est le temps. On avait mis en place des commissions. Chacune d’elles avait un rôle précis à jouer par rapport à notre existence et aux différentes relations qu'on entretenait avec l'autorité et les étudiants. Mais il y avait une incompréhension par rapport à notre reconnaissance. Parce que l'autorité pensait que nous étions constitués d’artistes et de rappeurs qui seraient donc très difficiles à contrôler et à  canaliser et qui pourraient à tout moment se retourner contre elle. Alors que ce n’était pas cela. C'était plutôt de voir comment faire pour redorer le blason de l'artiste étudiant. Montrer qu'à l'université il y a des étudiants-artistes qui, au même titre que les artistes qui évoluent ailleurs, peuvent vraiment montrer de belles choses et s’imposer sur la scène nationale ou internationale.

  Par quels canaux de diffusion menez-vous votre combat ? A travers les réseaux sociaux ou par le biais des activités culturelles que vous organisez ?

  A travers les activités culturelles, on a toujours montré les différentes perspectives qu'on a eues à promouvoir, à mettre en place pour essayer de voir comment faire pour conscientiser les étudiants. Mais en dehors des activités culturelles, on a aussi organisé des compétitions pour faire participer le maximum d'étudiants. On a des festivals, comme le festival ‘’Campusard’’, qui s'organise chaque année normalement, même si l'année passée, ça n'a pas pu se tenir.

Et pourquoi ?

  A cause des problèmes qui ont secoué le pays par rapport aux élections, la présidentielle notamment... Mais rassurez-vous, cette année on est en train de travailler pour faire revenir le festival. Nous sommes en début d'année, et l’on vient de terminer la vente des cartes de membres. Les commissions se réunissent, parce qu'on doit convoquer une réunion pour les nouveaux adhérents, afin de leur faire comprendre en quoi consiste le mouvement.

  Parlant de votre programme annuel, que comptez-vous faire cette année ?

  Normalement, on doit organiser une journée portes ouvertes pour permettre à d'autres étudiants d'adhérer au mouvement et d'acheter leurs cartes. Après, on organisera la réunion des commissions pour que ceux qui veulent les intégrer sachent ce qui les attend. Puis, on va essayer de voir comment faire pour mettre en place le festival. Chaque année, un programme est ficelé. Dans notre programme, on aura diverses activités, comme des conférences, des panels et des ateliers de formation.

  Campus 2H se limite-t-il ici à l’UCAD ?

  Non, pas du tout ! En dehors de l'UCAD, le Campus 2H a été installé à l'université de Saint-Louis et à l'université de Bambey. C'est nous qui nous déplaçons à chaque fois pour assister à la création des mouvements, en tout cas pour coordonner. Pour dire que c'est un mouvement national qui a toujours œuvré pour le bien-être des étudiants et des artistes qui tournent autour de l'université. Même si vous « swipez » sur Youtube, vous verrez les sons qu'on a eu à faire à des fins de conscientisation. Notamment lorsqu'on a fermé l'université, lorsqu'il y a eu des émeutes entre les étudiants et les forces de l'ordre et lorsque les professeurs et le gouvernement d'alors avaient des problèmes et que les professeurs ont maintenu une grève qui a duré presque six mois.

  Quel plaidoyer avez-vous pour un accompagnement des autorités ?

Nous demandons  aux autorités de mieux nous comprendre dans ce que l'on fait. Parce qu’ils ont tendance à minimiser notre posture. Nous leurs demandons de poser des actes concrètes pour l’épanouissement des étudiants. Un simple discours ne suffit pas pour faire comprendre à quelqu'un qu'on veut travailler avec lui. En dehors des discours, il faut que les actes puissent accompagner les discours.

 

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Publié par

Ibrahima Diouf

Je suis étudiant en troisième année de journalisme au CESTI , option presse écrite.

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