La vision primaire des acteurs de l’éducation à l’IEF de Dakar Plateau

Depuis le 14 janvier 2025, les enseignements en anglais ont débuté dans les écoles élémentaires et préscolaires du Sénégal concernées par la phase pilote. La rédaction de « l’Eclair » a fait un petit à l’IEF de Dakar Plateau pour faire l’état des lieux.
10h à l'inspection d'éducation et de formation (IEF) de Dakar Plateau. La cour de l'école Manguier 1 est plongée dans un calme matinal. Seuls quelques bruissements de feuilles et le chant des oiseaux viennent troubler la quiétude des lieux. Toquée, la porte s'ouvre. Un homme de grande taille, à la silhouette mince, apparaît. Assane Diouf, l'adjoint du directeur de l'école Djaraf Ibra Paye, plus connue sous le nom de Manguier 1, nous accueille avec un sourire chaleureux. « Instaurer l'anglais à l'école primaire est une très belle initiative. Vu la mondialisation, l'ouverture au niveau international l'anglais est une langue qu'il est nécessaire de comprendre », affirme-t-il.
Tout en saluant l'initiative, M. Diouf compte sur les autorités pour la prise en charge des mesures idoines à savoir l'effectivité des enseignants et le quantum horaire. L'école de M. Diouf à la chance d'être parmi les écoles pilotes choisies pour cette phase-test. Ainsi, deux de ses enseignants ayant déjà fait des études en anglais ont réussi a intégré le cercle restreint des « maîtres anglais ».
Saliou Diop est l'un d’eux. « On a été choisi pour dérouler cette phase pilote. L'initiative était de sélectionner des enseignants qui ont un niveau en anglais. La plupart d’entre eux ont été à la faculté pour des études en anglais », informe-t-il Maintenant, en plus de ses vingt et une matières M. Diop devra assurer le cours d'anglais, une heure par semaine.
Le 14 janvier dernier, sur toute l'étendue du territoire national, les enseignements ont démarré dans les écoles concernées par cette phase-test avec les classes de CEM1 pour l'élémentaire et la moyenne section pour la préscolaire. M. Diop souligne que malgré quelques soucis techniques liés au matériel, à savoir le vidéo projecteur et des ordinateurs, ils ont pu démarrer avec l’appui de l’IEF. Mais ils attendent toujours ce matériel promis par l'autorité. Entre autres problèmes l'enseignant soulève celui des indemnités liées à cette nouvelle tâche.
Une heure par semaine
Coumba Ndofenne Fall, enseignant dans ce même établissement est également sélectionné pour dispenser des cours d'anglais. «Les élèves découvrent cette nouvelle langue avec beaucoup d'enthousiasme et d'engouement. Toutefois on doit insister sur les enseignements et apprentissages surtout avec le matériel pédagogique. Heureusement l'IEF a mis à notre disposition des tablettes. » M. Fall pense également à ses collègues à qui l'on demande de dispenser le même cours sans manuels scolaires ni rien.
Pour lui, les autorités doivent avoir les moyens de leur politique. « Nous ne sommes pas contre l'introduction de l'anglais mais il y a des préalables qui devraient être établis: donner suffisamment de temps de formation aux enseignants, les doter de matériel mais surtout avoir un suivi rigoureux pour qu'on puisse atteindre ce défi majeur », précise-t-il.
Selon M. Fall, aucune rémunération n'est encore prévue pour ce nouveau module car dans leur travail il n'était pas prévu de donner des cours en anglais. Donc la logique voudrait qu'ils soient indemnisés pour ce travail de plus. En tant que passionné de l'anglais, il a toujours rêvé de voir les jeunes s'exprimer dans la langue de Shakespeare.
L'inspection d'éducation et de formation de Dakar Plateau est située à côté l'école Manguier 1. Selon Babacar Ndiaye son chargé de communication, « l’introduction de l’anglais dans le primaire et au préscolaire était un projet du ministère de l'Education nationale. Dix enseignants ont été sélectionnés dans le district de Dakar Plateau ». Selon lui ce projet vise à faire découvrir aux apprenants la langue anglaise dès le début de leur cursus.
Il soutient que toutes les revendications soulevées par les enseignants seront remontées au niveau de l'Inspection d’académie (IA) qui à son tour les fera parvenir sur la table du ministre de l’Education. Ainsi il sollicite la collaboration du personnel administratif et éducatif pour la réussite de cette phase-test tout en se félicitant de leur engagement.
